Généalogie en Alsace : le B.A.BA

Cet article s’adresse en priorité aux généalogistes débutants !

Rechercher ses ancêtres alsaciens quand on ne connaît rien à l’histoire d’Alsace est un défi impossible à relever ! Il est peu de régions qui ont autant souffert de leur position frontalière : l’Alsace a été le cœur et même l’enjeu de plusieurs guerres successives. Les Alsaciens ont donc changé plusieurs fois, malgré eux, de nationalité. Cet article, sûrement incomplet mais qui se veut pédagogique, a pour but de retracer les grandes lignes de l’histoire de la région pour mieux comprendre les particularités des recherches généalogiques en Alsace. Vous y trouverez, sous forme chronologique (délimitant les grandes étapes de l’histoire d’Alsace), des informations d’ordre historique, institutionnel, linguistique, religieux, etc. et de nombreux repères généalogiques pour la consultation des actes notariés ou d’état civil. Bonne chasse !

Généalogie en Alsace : le B.A.BA
Les grandes étapes de l’histoire d’Alsace :
·       Les origines
·       870-1648 : le Saint Empire romain germanique
·       1648-1789 : le rattachement au royaume de France
·       1790-1870 : de la Révolution au Second Empire
·       1871-1918 : l’Empire allemand
·       1919-1940 : le retour à la France
·       1940-1945 : l’Allemagne nazie
·       Depuis 1945 : l’Alsace française dans l’Europe
Les origines :

Il serait vain de prétendre résumer 2000 ans d’histoire… Ce paragraphe et les deux suivants listent, de façon très simplifiée, les grandes étapes qui ont permis la construction de l’entité alsacienne. Les néophytes n’ayant guère besoin de remonter leur arbre généalogique avant la Révolution française, ils trouveront ici de brefs éléments de réponses à leurs questionnements. Les généalogistes confirmés pourront s’y référer « pour mémoire ».

  • Aux IIIème et IVème siècles, les Alamans s’installent en Alsace du sud et du centre, les Francs en Alsace du nord. Les Romains quittent la région vers 405 après J-C.
  • Clovis soumet les Alamans à la bataille de Tolbiac (496). Les rois mérovingiens font de l’Alsace le duché « Alesacius » (640-767).
  • Les Carolingiens suppriment le trop puissant duché d’Alsace (767). L’Alsace est divisée en deux comtés : Nordgau (comté du nord) et Sundgau (comté du sud). Charlemagne initie la Renaissance carolingienne. Ses 3 petits-fils (Charles le Chauve, Louis le Germanique et Lothaire) se partagent l’Empire (Traité de Verdun en 843 puis Traité de Meersen en 870). Louis le Germanique obtient la partie orientale dont l’Alsace qui fera partie du Saint Empire romain germanique pendant 700 ans.
Vue générale de l’abbaye de Murbach (1600), Collection numérique Originaux de la BNU Strasbourg, Gallica BnF.
870-1648 : le Saint Empire romain germanique
  • Au Xème siècle, l’invasion des Hongrois provoque l’éclatement : l’Alsace se féodalise. Châteaux et abbayes couvrent la région. L’Alsace offre à la chrétienté un pape alsacien, Léon IX d’Eguisheim (1049-1054) ! Un double pouvoir spirituel et temporel est reconnu aux évêques (Concordat de Worms, 1122).
  • Le XIIème siècle, dit « siècle des Hohenstaufen », est un premier âge d’or pour l’Alsace : expansion économique, création de villes libres, apogée de l’art roman. L’abbaye de Murbach (fondée en 728 près de Guebwiller) devient l’une des plus puissantes du Saint Empire romain germanique. Frédéric le Borgne (1090-1147), duc de Souabe et d’Alsace, construit Haguenau ; l’empereur Frédéric Ier «Barberousse» (1152-1190) y installe son palais impérial ; l’empereur Frédéric II (1212-1250) soutient l’émancipation des villes (la dynastie Hohenstaufen s’éteint avec lui).
  • L’Alsace devient une mosaïque d’états pendant la période d’interrègne (1250-1273) qui précède l’avènement des Habsbourg. L’art gothique prend son essor (cathédrale de Strasbourg, collégiale de Colmar). La ville de Strasbourg s’émancipe de la domination de l’évêque et devient cité d’Empire (bataille d’Oberhausbergen, 1262).
  • En 1273, Rodolphe de Habsbourg est élu landgrave de Haute-Alsace.
  • Dès 1300 s’ouvre une période noire de guerres féodales provoquées par les « chevaliers brigands ». Les grandes villes s’allient en une Décapole : Haguenau, Colmar, Wissembourg, Turckheim, Obernai, Kaysersberg, Rosheim, Munster, Sélestat, Mulhouse (remplacée en 1515 par Landau).
  • Les grandes épidémies de peste (1349) et de choléra (1541) attisent la persécution des juifs (massacre des juifs de Strasbourg en février 1349).
  • La période 1450-1550  est un second âge d’or pour l’Alsace (diffusion des idées humanistes, Sélestat capitale intellectuelle, développement de l’imprimerie par Gutenberg à Strasbourg).
  • La terrible Guerre des Paysans ou « révolte des rustauds » (1525) fait environ 100.000 morts et prépare le terrain à la diffusion de la Réforme.
  • En 1529, Strasbourg adopte officiellement la religion protestante. Les communautés protestantes sont les premières à tenir des registres paroissiaux (dès 1525 à Strasbourg). La Réforme s’étend principalement dans le nord de l’Alsace, contrée par la Contre Réforme catholique (Concile de Trente 1545-1563).
  • Le calendrier grégorien est adopté en 1582 dans le royaume de France et le duché de Lorraine. Dans le Saint Empire, il sera introduit irrégulièrement selon les endroits (plus tard dans les villes et régions protestantes).
  • À la veille de la guerre de Trente Ans, l’Alsace est une mosaïque d’états et de seigneuries autonomes ou indépendantes, parfois toute petites (nord morcelé et plutôt protestant, sud un peu plus unifié et catholique).
  • La guerre de Trente Ans (1618-1648) est une tragédie pour l’Alsace : elle oppose d’abord des princes germaniques protestants à leur empereur catholique Habsbourg d’Autriche, mais s’étend rapidement avec l’intervention danoise (1625) puis suédoise (1630) ; puis la France elle-même entre en guerre contre l’Autriche (1635). L’Alsace subit destructions, pillages, famines, épidémies… La population est décimée (de 50 à 60%), les villages détruits (10 % disparaissent définitivement), l’économie est ruinée. Par le traité de Munster, inclus dans l’appellation « traités de Westphalie » (1648), le roi de France obtient les possessions des Habsbourg en Haute-Alsace et des droits sur la Décapole (Mulhouse et Strasbourg sont exclues du traité).
Les pendus par Jacques Callot, Musée lorrain (un épisode de la guerre de Trente ans dans le Sungau en 1633) – « La guerre de Trente ans en Alsace », Au fil du savoir.
1648-1789 : le rattachement au Royaume de France
  • L’immigration est encouragée pour repeupler la province (Suisses, Tyroliens, Badois, Bavarois, Hollandais, Bourguignons, Savoyards).
  • Pour unifier l’Alsace et l’intégrer progressivement au Royaume de France (en respectant sa promesse de conserver les coutumes alsaciennes), Louis XIV crée le Conseil souverain d’Alsace (parlement local) en 1657 (s’installe à Colmar en 1698).
  • Les guerres menées par Louis XIV (campagne de Turenne 1672-1675) ravagent l’Alsace. La Décapole cesse d’exister (1679), Strasbourg est annexée (1681), Mulhouse reste rattachée à la Suisse. Le traité de Nimègue met fin à la guerre de Succession de Hollande (1672-1679). Le traité de Ryswick (1697) consacre le Rhin comme frontière politique et militaire (forteresses Vauban).
  • Le système seigneurial reste très vivace en Alsace jusqu’à la Révolution (le seigneur – laïc ou religieux – nomme le prévôt qui gère la seigneurie et rend la justice).
  • Malgré la révocation de l’Édit de Nantes (1685), le protestantisme est toléré (liberté religieuse garantie par les traités de Westphalie) mais combattu : le partage des lieux de culte (simultaneum) est imposé aux protestants.
  • Le XVIIIème siècle (1716-1789) est une période de paix, de progrès économique  et d’essor démographique. L’Alsace s’attache progressivement à la France tout en conservant sa culture germanique.
  • À partir de la fin du XVIIème siècle (ordonnance de 1685), l’Alsace, nouvelle province française, est en principe soumise à la législation en vigueur dans toutes les provinces du royaume depuis François 1er, l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) : les actes notariés doivent être rédigés en français, les actes d’état civil sont à la charge des abbés et curés. La réalité est différente en Alsace, en raison des disparités de langues et de religions. 1685 est l’année officielle d’ouverture des registres paroissiaux.
  • Les registres paroissiaux catholiques regroupent les actes de baptême, mariage et sépulture catholiques (BMS). Ils attestent officiellement des naissances, mariages et décès. Ils sont rédigés dans chaque paroisse, en latin vulgaire (les noms y suivent donc souvent les déclinaisons latines). Le diocèse de Strasbourg est composé de la Basse-Alsace (française) et de l’Ortenau (germanique) ; le diocèse de Bâle (germanique) comprend aussi la Haute-Alsace (française).  
  • Les actes de baptême, mariage et sépulture (BMS) protestants sont écrits, dans chaque paroisse (luthérienne ou réformée), en langue vernaculaire (allemand ou variantes dialectales). Ils font aussi office d’actes d’état civil. Les premiers remontent à 1525. Jusqu’à la Révolution, les protestants représentent environ 1/3 de la population (90% de luthériens, 10% de réformés).
  • Quelques communautés juives conservent des registres de naissances, quelquefois de mariages et de décès, la plupart ouverts en 1784 sur ordre du roi et libellés en français.
  • Jusqu’au XVIIIème siècle, la langue allemande décline les noms de famille. Les noms de famille sont donc féminisés (jusqu’à la Révolution) : on ajoute aux femmes la terminaison -in au nom de leur père ou mari. Les prénoms et patronymes sont aussi déclinés.
  • L’orthographe des noms propres n’est pas fixée mais essentiellement phonétique, ce qui induit de fortes variations dans l’écriture des noms, en raison de la prononciation dialectale alsacienne (équivalence de lettres, prononciation identique de diphtongues) et de l’ajout de lettres non prononcées (doublement de consonnes).
  • Les minutes des notaires ou tabellions seigneuriaux et des chancelleries municipales sont écrites en allemand jusqu’à la Révolution. Les notaires royaux pratiquent le français ou l’allemand, selon la langue de leurs clients. Les contrats de mariage des juifs sont rédigés en caractères hébraïques (mais les notaires y ajoutent un résumé généralement en français).
  • La langue des actes de justice est le plus souvent l’allemand, mais le français y progresse à partir de la fin du XVIIème siècle (en fin d’acte : mention qu’une traduction orale en allemand en a été faite).
  • Le calendrier grégorien est généralisé en Alsace catholique dès 1648 ; Louis XIV l’impose dans les territoires protestants en 1680-1681. L’usage de dater les actes paroissiaux selon les fêtes du calendrier liturgique, resta très répandu en Alsace jusque vers la fin du XVIIème siècle, particulièrement chez les luthériens (l’année liturgique commence le 1er dimanche de l’Avent).
Prise de Strabourg (30 septembre 1681) : Réception de Louis XIV par le magistrat de Strasbourg – France pittoresque
1790-1870 : de la Révolution au Second Empire

La Révolution marque, en Alsace comme ailleurs en France, un grand changement pour les généalogistes : on passe des registres paroissiaux aux registres d’état civil laïcs. La période est particulièrement tourmentée pour les Alsaciens qui subissent, en plus de la guerre civile, les affrontements contre les puissances étrangères.

  • Le Conseil souverain d’Alsace est supprimé (1790). La province d’Alsace est remplacée par 2 départements, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin (comprenant le Territoire de Belfort).
  • La Constitution civile du clergé répartit celui-ci en 2 diocèses : Strasbourg et Colmar.
  • Le calendrier républicain remplace le calendrier grégorien de 1793 jusqu’au 31 décembre 1805 (l’an I commence le 22 septembre 1792, jour de la proclamation de la République).
  • Les registres d’état civil (NMD) sont tenus dans chaque commune à partir de janvier 1793.
  • Tous les 10 ans, les communes établissent des tables décennales par ordre alphabétique (de l’année finissant par 3 à l’année finissant par 2).
  • La loi du 2 thermidor an II (20 juillet 1794) oblige à écrire tous les actes publics en langue française. Dans les faits, les actes notariés restent rédigés en allemand jusqu’en 1803.
  • Les registres sont rédigés en français dans les villes mais souvent en allemand (voire en dialecte alémanique) dans les villages de campagne. Pendant la période révolutionnaire, la plupart des actes sont en allemand dialectal (les mois républicains sont traduits en allemand). Dans le Bas-Rhin, à partir de 1811, les mairies utilisent des cahiers d’état civil pourvus de formules imprimées en français, pour faciliter le passage à la langue française. Dans le Haut-Rhin, les actes sont la plupart du temps rédigés en français.
  • L’enseignement en français n’est rendu obligatoire dans les écoles primaires qu’en 1859. Chez les protestants, le catéchisme était enseigné en allemand (langue de Luther).
  • Les registres paroissiaux n’ont plus valeur d’actes d’état civil mais continuent d’être tenus dans les paroisses (toujours en latin pour les catholiques et en allemand ou dialecte pour les protestants).
  • L’Alsace adhère aux idées révolutionnaires (1789) mais s’oppose à la Terreur (1793-94), notamment religieuse (cultes supprimés) et linguistique (dialecte interdit). Violentes émeutes dans les villes, pillages et incendies dans les campagnes.
  • De 1792 à 1802, la France révolutionnaire est en guerre contre l’Europe (Saint-Empire, royaumes de Bohême et de Hongrie) ; le nord de l’Alsace est envahi en 1793 par l’armée autrichienne. Mulhouse est rattachée à la France en 1798.
  • L’ordre est de retour durant le Consulat et le Ier Empire (1804-1814) : réformes de la justice (code Napoléon) et de l’administration (départements), Concordat avec l’Église (1801, toujours en vigueur aujourd’hui en Alsace et Moselle, il restaure la paix religieuse et réunit l’Alsace en un seul diocèse à Strasbourg).
  • Les juifs d’Alsace (recensés en 1784) sont reconnus citoyens français avec les mêmes droits civiques (1791). En 1808, un décret les oblige à adopter un patronyme fixe et héréditaire (prénoms souvent francisés à cette occasion mais prénoms usuels conservés dans la vie courante et parfois dans les actes publics).
  • Les Alsaciens s’engagent nombreux dans les guerres napoléoniennes (1803-1815). Près de 70 généraux et maréchaux sont alsaciens : Kellermann, Kléber, Rapp, Lefebvre… L’Alsace est à nouveau envahie par les Autrichiens et les Bavarois (1814-1815).
  • La crise industrielle provoque une importante émigration vers l’Amérique (45.000 entre 1815 et 1870).
  • La conquête de l’Algérie par la France en 1830 induit une importante émigration de l’Alsace vers la nouvelle colonie algérienne.
  • La guerre déclarée par Napoléon III à la Prusse (19 juillet 1870) touche particulièrement l’Alsace (batailles de Wissembourg et de Froeschwiller-Woerth en août 1870) ; le siège de Strasbourg (bombardements intensifs en août-septembre 1870) détruit des archives inestimables. Elle se finit par l’annexion de l’Alsace à l’Allemagne (sauf Belfort, sauvée par son héroïque résistance).
Les émigrants, gravure d’après un tableau de Théodore Schuler, 1861, Gallica BnF – « L’émigration alsacienne au XIXe siècle », Archives départementales du Haut-Rhin
1871-1918 : l’Empire allemand

À l’issue de la guerre franco-prussienne de 1870, l’Alsace et la Moselle sont rattachées au Reich allemand (Traité de Francfort, 10 mai 1871) et forment une seule entité : le Reichsland Elsaβ-Lothringen.

  • À partir de 1871, les Alsaciens sont de nationalité allemande.
  • Ceux qui souhaitent rester français peuvent « opter » pour la nationalité française (avant le 1er octobre 1872) et quitter le territoire alsacien (d’où une importante émigration vers la « France de l’intérieur », l’Algérie ou les États-Unis). On les appelle les « optants ».
  • On assiste à une immigration d’Allemands venus s’installer ou travailler en Alsace.
  • Les actes d’état civil (NMD) sont rédigés en allemand « gothique » (écriture Fraktur) sur des formulaires pré-imprimés en vigueur dans tout le Reich (ils portent la mention de la religion). Les parties manuscrites sont souvent difficiles à déchiffrer.
  • Les actes paroissiaux sont rédigés en latin pour les catholiques et en allemand pour les protestants.
  • La langue officielle est l’allemand ; le français n’est plus enseigné à l’école ; dans les familles on parle le dialecte alsacien.
  • Les prénoms sont germanisés ; les noms de famille à consonance trop française sont parfois germanisés ou traduits en allemand.
  • Les inscriptions sur les tombes sont souvent en allemand.
  • En 1914, 380.000 Alsaciens et Mosellans sont incorporés dans l’Armée allemande. Environ 18.000 désertent pour combattre dans les rangs français.
Scène de Noël dans une famille alsacienne – « Noël en Alsace », Alsace Visites Guidées.
1919-1940 : le retour à la France

À l’issue de la 1ère Guerre mondiale de 1914-1918, l’Alsace et la Moselle redeviennent françaises (Traité de Versailles, 28 juin 1919).

  • À partir de 1919, les Alsaciens sont de nationalité française.
  • L’Alsace est à nouveau formée des 2 départements Bas-Rhin et Haut-Rhin.
  • Les Allemands de souche sont expulsés ; les Alsaciens sont soumis à un régime de cartes suivant leur degré de sang français (le droit du sang prévaut sur le droit du sol).
  • La langue officielle est le français (d’où une mise à l’écart d’une partie des agents administratifs alsaciens qui ne parlent qu’allemand et une immigration de « français de l’intérieur » venus « refranciser » les administrations). Dans les familles, on continue de parler l’alsacien.
  • Les noms de famille sont parfois refrancisés ou retraduits ; les prénoms sont à nouveau français (dans les familles on continue à utiliser beaucoup les diminutifs alsaciens).
  • Les actes notariés sont rédigés, selon la langue connue du notaire, soit en allemand, soit en français, soit en version bilingue.
  • Les actes d’état civil (NMD) sont rédigés en français comme dans tout le reste de la France.
  • Les actes paroissiaux continuent à être rédigés en latin pour les catholiques (jusqu’au milieu du XXème siècle) et en ? pour les protestants. 
  • Après 1918, on assiste à une immigration de Polonais et Italiens.
L’évacuation des Alsaciens et Mosellans en septembre 1939 – Photo : Mémorial Alsace-Moselle
1940-1945 : l’Allemagne nazie

Au cours de la Seconde Guerre mondiale de 1939-1945, après plusieurs mois de « drôle de guerre », l’Allemagne nazie envahit l’Alsace et la Moselle (10 mai 1940) qui sont annexées au IIIème Reich (sans concertation ni traité).

  • 374.000 Alsaciens (villages situés le long de la frontière et Strasbourgeois) ont été évacués vers le centre et le sud-ouest de la France, à la déclaration de guerre (1er et 2 septembre 1939) ; beaucoup reviennent sur leurs terres alsaciennes en août 1940.
  • Dans le même temps, à l’été 1940, l’administration nazie expulse d’Alsace vers la France libre tous les « indésirables » (juifs, opposants au régime nazi, francophiles…)
  • Alors que le reste de la France devient progressivement zone occupée par les Allemands, l’Alsace et la Moselle font de facto partie du Reich allemand (leur sort n’est pas évoqué lors de la signature de l’armistice du 22 juin 1940).
  • Le Bas-Rhin et le Haut-Rhin deviennent le CdZ-Gebiet Elsaß territoire rattaché au Gau Baden-Elsaß, tandis que la Moselle devient le CdZ-Gebiet Lothringen, territoire rattaché au Gau Westmark (30 novembre 1940).
  •  La langue française est éradiquée d’Alsace : interdiction de la parler ; changement des noms de ville, de rues, de commerces, etc. ; modification des prénoms et noms de l’état civil. La « nazification » vise aussi l’éradication du dialecte alsacien (symbole identitaire).
  • L’Ahnenpass (passeport des ancêtres) est exigé de tous les fonctionnaires alsaciens (preuve de l’absence d’origines juives ou francophones).
  • 103.000 Alsaciens et 31.000 Mosellans sont incorporés de force dans la Wehrmacht (25 août 1942) : on les appelle les « Malgré-Nous ». 15.000 jeunes filles seront aussi tenues d’effectuer un service obligatoire en Allemagne.
  • Strasbourg est libérée en novembre 1944 ; l’Armée allemande résiste encore dans la « poche de Colmar » jusqu’en février 1945.
La libération de Strasbourg par la 2ème D.B., 23 novembre 1944 – Photo : « 30 photos de la libération de Strasbourg » sur Kuriocity
Depuis 1945 : l’Alsace française dans l’Europe
  • L’Allemagne capitule le 8 mai 1945. Le retour de l’Alsace dans le giron français se fait au prix d’une importante épuration. L’ouverture du camp du Struthof (seul camp de concentration alsacien), le retour des « Malgré-Nous » du front ou l’attribution des postes administratifs sont autant d’occasion de suspicions de collusion avec l’ancien occupant nazi, de haines et de rancoeurs.
  • Le droit républicain français est rétabli, tout en confirmant les spécificités alsaciennes : régime concordataire des cultes, statuts scolaires, droits des associations. L’enseignement de l’allemand n’est autorisé à nouveau à l’école primaire qu’en 1952.
  • L’Alsace joue, par sa situation géographique et par son histoire, un rôle central dans la construction européenne : Strasbourg est le siège du Conseil de l’Europe (1949) et accueille de nombreuses organisations européennes, dont la Cour européenne des Droits de l’Homme (1950) et le Parlement Européen (1952). La coopération transfrontalière avec l’Allemagne s’organise progressivement (Le Pont de l’Europe qui relie Strasbourg à Kehl est construit en 1966).
  • Depuis le 1er janvier 2021, pour garantir l’identité historique et culturelle de l’Alsace au sein de la région Grand Est (2016), les conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ont fusionné en Communauté européenne d’Alsace.

L.M., membre du CGA, section Île-de-France

Bibliographie :

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Cette chronologie généalogique vous a-t-elle été utile ?

Dites-le nous dans les commentaires !

15 commentaires

  1. Bonjour,
    Je n’ai débuté la généalogie qu’il y a un an, et je connaissais « à peu près » les grandes lignes de l’histoire alsacienne. Je suis alsacienne, j’habite non loin de Strasbourg et suis adhérente au CGA. Votre résumé as le mérite d’être clair, car j’avais recherché des informations sur certaines périodes sur Internet, mais parfois un peu difficile pour s’en sortir. Merci à vous.
    Bonne Année 2021
    Cordialement,
    Lilly

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    1. Bonjour Lilly et merci de votre message d’encouragements. Nous nous réjouissons que ces repères historiques vous soient utiles et espérons qu’ils le seront pour de nombreux « apprentis généalogistes ». Bonnes recherches et belle année nouvelle !

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      1. Très intéressant ! la guerre des trente ans expliquerait peut-être les « traces d’ADN » de Suède 😀 … je vais garder le document précieusement sous le coude. Encore merci

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  2. Article particulièrement intéressant pour situer généalogiquement et historiquement nos ancêtres alsaciens.
    Après, il faut les « raccorder » à l’histoire de leurs villes ou villages, y ajouter les coutumes…bref ! c’est sans fin !
    Merci

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